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Situation

Un commerce à grande échelle de la tortue à tempes rouges,
dite tortue de Floride, ( Trachemys scripta elegans ) a commencé dans les années 50. Dans les années 60, plus de 150 fermes d'élevage produisaient des juvéniles grâce à de véritables cheptels de géniteurs. Mais en 1975, la Food and Drugs Administration (USA) a interdit, pour des raisons sanitaires, le commerce de l'espèce, dont la production atteignait près de 10 millions d'individus par an. De nombreux élevages ont alors fermé, mais une cinquantaine environ ont poursuivi leur activité, en Louisiane et dans le Mississippi.

• • • Tournées vers l'exportation, elles produisent entre 4 et 7 millions de juvéniles par an. Plus de 50 millions de tortues ont ainsi été exportées des USA entre 1989 et 1997. Les deux principaux continents importateurs ont été l'Europe et l'Asie. En Europe, le principal pays importateur est la France, avec plus de 4 millions de tortues importées entre 1985 et 1994, suivie de l'Italie (presque 1 million d'individus) et de l'Espagne (770 000 tortues). En Asie, le principal importateur est la Corée du Sud, suivie du Japon et de Hong-Kong.

 
• • • Si le marché global n'a fait qu'augmenter de 1986 à 1997, il est aujourd'hui stoppé dans certains pays. L'importation de cette espèce est notamment interdite depuis 1997 dans l'Union Européenne. Dans la plupart des pays importateurs, des propriétaires de tortues de Floride relâchent celles-ci dans la nature lorsqu'elles deviennent encombrantes et nécessitent trop d'entretien.
 

Fiche d'identité de la tortue à tempes rouges, dite tortue de Floride Trachemys scripta elegans (Wied,1839)

Taille : mâles 14-15 cm, femelles jusqu'à 25 cm.
Poids : jusqu'à 2,5 kg. Age à la maturité : 3 à 8 ans.
Fécondité
: 10 œufs par ponte en moyenne, 1 à 2 pontes annuelles, pendant une quarantaine d'années.
Poids du jeune à la naissance : 5 g.
Habitats
: tous milieux aquatiques.
Nourriture : carnivore puis omnivore. Répartition : Vallée du Mississippi, de l'Illinois jusqu'au golf du Mexique.
Physiologie: espèce poïkilotherme, dont la température corporelle dépend de la température extérieure. Cette particularité explique le comportement de "bain de soleil" : les tortues se réchauffent une grande partie de la journée.
Détermination du sexe : la détermination du sexe des jeunes n'est pas génétique, mais est sensible à la température d'incubation des oeufs; incubés à température basse (moins de 27°C), ils produisent plutôt des mâles, incubés à température haute (plus de 29°C), plutôt des femelles.


• • • En France, l'observation depuis plusieurs années de tortues de Floride dans la quasi-totalité des départements métropolitains et les quelques cas de reproduction réussie montrent que cette espèce s'est acclimatée.
Bien que dans les milieux terrariophiles les observations de reproduction se soient multipliés dès le début de la vague d'achat, il a fallu attendre la fin des années 90 pour que des épisodes de reproduction naturelle réussie (avec production de jeunes) soient observés dans le sud de l'Europe (Espagne, Italie).

• • • A l'heure actuelle, de nombreuses pontes ont été observées en milieu naturel en France (Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, Ile-de-France...). Des émergences de jeunes tortues ont été observées à Nîmes (Vaucluze), à Pierrelatte (Drôme) et au Lac du Bourget (Savoie).

Le sexage des jeunes individus trouvés à Nîmes et à Pierrelatte a mis en évidence la présence des deux sexes.
 

• • • Ces observations relancent la question des capacités d'invasion de cette espèce exotique. Dans ce contexte, il est nécessaire de savoir si l'espèce peut trouver dans les écosystèmes d'accueil les conditions suffisantes à une survie, reproduction et dispersion. La question de son impact sur les communautés aquatiques est également posée. Débuté en 2002, le projet porté par l'Université Paris-Sud (UMR 8079, Laboratoire d'Écologie, Systématique et Évolution), et rassemblant l'Office National des Forêts et de nombreux autres partenaires (Conseils Généraux et Conseil Régional d'Ile de France, DIREN, Conseil Supérieur de la Pêche...) se propose de répondre à ces questions.

 

Design : wildlifepixel © Laboratoire Ecologie, Systématique et Evolution de l'Université Paris-Sud